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CNIL – Commerces

La vidéosurveillance dans les commerces

23 juillet 2018


Les commerçants ont recours à des caméras pour lutter contre les vols de marchandises par les clients ou les employés.

Ces dispositifs sont soumis à différentes rÚgles selon la zone surveillée. Quelles sont ces rÚgles ? Quelles précautions prendre ? Quels sont les droits des personnes filmées ?

      Des camĂ©ras peuvent ĂȘtre installĂ©es dans les grandes surfaces, les bijouteries, les boulangeries, les salons de coiffure, les pharmacies, etc. Elles sont installĂ©es Ă  des fins de sĂ©curitĂ© des biens et des personnes, Ă  titre dissuasif, ou pour identifier les auteurs de vols ou d’agressions.

      Quelles prĂ©cautions prendre lors de l’installation du dispositif ?

      Si des camĂ©ras peuvent filmer les zones de circulation et les zones marchandes Ă  des fins de sĂ©curitĂ©, elles ne doivent pas porter atteinte Ă  la vie privĂ©e des clients. Il est interdit d’installer des camĂ©ras Ă  l’intĂ©rieur des cabines d’essayage ou dans les toilettes.

      Le systĂšme ne doit pas ĂȘtre utilisĂ© pour s’assurer que le personnel fait correctement son travail. Il peut toutefois ĂȘtre utilisĂ© pour dĂ©masquer un employĂ© qui volerait dans la caisse. Lorsqu’un employĂ© manipule de l’argent, la camĂ©ra doit cependant davantage filmer la caisse que le caissier.

      Possibilités de vidéosurveillance dans les commerces - Oui - Non, est interdit de surveiller ainsi les salariés d'un magasin

      Qui peut consulter les images ?

      Les images enregistrĂ©es ne doivent pas ĂȘtre librement accessibles Ă  l’ensemble des employĂ©s ou des clients. Seuls les responsables de la sĂ©curitĂ©, les agents de sĂ©curitĂ© ou la direction du magasin doivent pouvoir les visualiser. Il est cependant possible d’installer des camĂ©ras filmant la zone marchande avec un Ă©cran de visualisation des images en direct disposĂ© Ă  l’entrĂ©e du commerce et visible de tous les clients.


      Pendant combien de temps conserver les images ?

      Le responsable du dispositif doit dĂ©finir la durĂ©e de conservation des images issues des camĂ©ras. Cette durĂ©e doit ĂȘtre en lien avec l’objectif poursuivi par les camĂ©ras. 

      En principe, cette durĂ©e n’excĂšde pas un mois. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, conserver les images quelques jours suffit Ă  effectuer les vĂ©rifications nĂ©cessaires en cas d’incident et permet d’enclencher d’éventuelles procĂ©dures pĂ©nales. Si de telles procĂ©dures sont engagĂ©es, les images sont alors extraites du dispositif (aprĂšs consignation de cette opĂ©ration dans un cahier spĂ©cifique) et conservĂ©es pour la durĂ©e de la procĂ©dure.

      La durĂ©e maximale de conservation des images ne doit pas ĂȘtre fixĂ©e en fonction de la seule capacitĂ© technique de stockage de l’enregistreur.


      Quelle information ?

      Les clients doivent ĂȘtre informĂ©s, au moyen de panneaux affichĂ©s en permanence, de façon visible, dans les lieux concernĂ©s, et comportant a minima, outre le pictogramme d’une camĂ©ra indiquant que le lieu est placĂ© sous vidĂ©oprotection :

      • les finalitĂ©s du traitement installĂ© ;
      • la durĂ©e de conservation des images ;
      • le nom ou la qualitĂ© et le numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone du responsable/du dĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es (DPO) ;
      • l’existence de droits « Informatique et LibertĂ©s » ;
      • le droit d’introduire une rĂ©clamation auprĂšs de la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s (CNIL), en prĂ©cisant ses coordonnĂ©es.
      Vidéosurveillance dans les commerces

      Afin que les panneaux affichĂ©s restent lisibles, l’intĂ©gralitĂ© des informations qui doit ĂȘtre portĂ©e Ă  la connaissance du public peut l’ĂȘtre par d’autres moyens, notamment par le biais d’un site internet. Ces autres informations sont, notamment :

      • la base lĂ©gale du traitement ;
      • les destinataires des donnĂ©es personnelles, y compris ceux Ă©tablis en dehors de l’UE ;
      • enfin, s’il y en a, les informations complĂ©mentaires qui doivent ĂȘtre portĂ©es Ă  l’attention de la personne (prise de dĂ©cision automatisĂ©e, profilage, etc.).

      Ces informations sont prĂ©vues par l’article 13 du RGPD et l’article 104 de la loi « Informatique et LibertĂ©s Â».


      Quelles formalitĂ©s ?

      Les formalités à accomplir peuvent varier en fonction des lieux qui sont filmés.

      • Lieux non ouverts au public

      Si les camĂ©ras filment des lieux non ouverts au public  (lieux de stockage, rĂ©serves, zones dĂ©diĂ©es au personnel comme le fournil d’une  boulangerie) aucune formalitĂ© auprĂšs de la CNIL n’est nĂ©cessaire.

      Si l’organisme qui a mis en place des camĂ©ras a dĂ©signĂ© un DĂ©lĂ©guĂ© Ă  la protection des donnĂ©es (DPO), ce dernier doit ĂȘtre associĂ© Ă  la mise en oeuvre des camĂ©ras.

      Le commerçant doit inscrire ce dispositif de vidĂ©osurveillance dans le registre des traitements de donnĂ©es qu’il doit tenir.

      • Lieux ouverts au public

      Si les camĂ©ras filment des lieux ouverts au public (espaces d’entrĂ©e et de sortie du public, zones marchandes, comptoirs, caisses), le dispositif doit ĂȘtre autorisĂ© par le prĂ©fet du dĂ©partement (le prĂ©fet de police  Ă  Paris).

      Le formulaire peut ĂȘtre retirĂ© auprĂšs des services de la prĂ©fecture du dĂ©partement ou tĂ©lĂ©chargĂ© sur le site internet du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Il peut Ă©galement ĂȘtre rempli en ligne.

      En outre, dĂšs lors que la mise en Ɠuvre d’un dispositif de vidĂ©oprotection est susceptible de conduire Ă  la « la surveillance systĂ©matique Ă  grande Ă©chelle d’une zone accessible au public » (cf. art. 35-1 du RGPD), il est recommandĂ© de s’interroger sur la nĂ©cessitĂ© d’effectuer une AIPD, qui permettra d’évaluer la  proportionnalitĂ© du dispositif envisagĂ©, au regard des finalitĂ©s poursuivies.

      • AuprĂšs des instances reprĂ©sentatives du personnel

      Les  instances reprĂ©sentatives du personnel doivent ĂȘtre informĂ©es et consultĂ©es avant toute dĂ©cision d’installer des camĂ©ras sur un lieu de travail.


      Quels recours ?

      Si un dispositif de vidĂ©osurveillance ne respecte pas ces rĂšgles, vous pouvez saisir :

      • le service des plaintes de la Commission nationale de l’informatique et des libertĂ©s. La CNIL peut contrĂŽler tous les dispositifs installĂ©s sur  le territoire national, qu’ils filment des lieux fermĂ©s ou ouverts au public ;
      • les services de la prĂ©fecture, si les camĂ©ras filment les abords de l’établissement ;
      • les services de police  ou de gendarmerie ;
      • le procureur de la RĂ©publique ;
      • les services de l’inspection du travail.

      Texte reference

      Les textes de référence